Yvonne Chaix

1924

de Saint-Firmin

Propos recueillis par Magali MARTIN et Isabelle BLANC

Texte retranscrit par Géraldine DISS

« Je suis née à St Firmin à l’hôtel des Alpes. En 1944, j’avais 20 ans. »

 

Histoire du résistant M. MOURENAS

 

« J’ai connu un résistant M. MOURENAS qui était aussi de St Firmin. Il a été arrêté pendant son parcours. Il avait un revolver qu’il a jeté dans une poutaine et il a mangé le message qu’il portait. Il a été mis en prison à Gap, il y est resté quelques jours et un soir Il a été fusillé avec 4 autres personnes au bord de la Luye pour faire un exemple soi-disant. Ils ont permis d’amener les corps au cimetière de Gap, tous dans un même trou avec défense de mettre des fleurs. »

« Il y a eu des hélicoptères qui ont déposés des armes  au fond de la vallée, plusieurs fois plus haut que La Chapelle.
Un jour alors qu’ils étaient venus manger à l’hôtel, il y a un résistant qui a caché un parachute en soie naturelle sous un radiateur. Comme j’avais peur que les allemands le trouve, j’ai fait le tour de l’église et je l’ai caché derrière un tas de bois.
Quelques mois après, je suis allée le récupérer et on l’est fait des chemisiers avec. »

 

La rafle de St Firmin

 

« Un soir, ils faisaient le réveillon dans la dernière maison de St Firmin et toute les dix minutes il y a un qui sortait vérifier s’il n’y avait rien d’anormal (on voyait le grand tournant des quatre chemins de là-haut!). Rien d’anormal. Et tout à coup, il a vu deux gros véhicules qui prennent le tournant et puis non, ils sont allés plus loin. Il rentre tranquille. En fait c’était des allemands qui s’étaient mis en peu plus loin, dans un endroit appelé « sous la roche ». Ils ont débarqué : la moitié est passé par en-haut par la route de Lagrangeasse et ont encerclé la petite maison et les ont tous embarqués (ils étaient 21). Les prisonniers ont passé une nuit à Gap puis ils sont restés quatre mois aux Baumettes puis ils ont été expédiés en Allemagne mais il n’y en a guère qui sont arrivés jusqu’en Allemagne. Ils se sont enfuis en route. »

 

Les allemands débarquent à l’hôtel des Alpes

 

« Un soir on frappe à la porte du balcon de l’hôtel, je vais ouvrir et il y a un soldat allemand qui me braque tout de suite sa mitraillette dans le dos. Avec un autre officier allemand, ils voulaient visiter toutes les chambres et vérifier l’identité de tous les clients. Dans une chambre, ils me demandent qui a couché ici. Je leur réponds que c’était un garçon qui était tout seul et qu’on lui a donné cette chambre. Ils ont inspecté le lavabo et le bidet. Ils me posaient un tas de questions mais moi je ne savais pas. Finalement il y en a un qui va aux toilettes et qui se met à hurler ; il avait trouvé sur la chasse des WC, un poste émetteur et des tickets de pain que lui avait donné le boulanger pour le maquis. C’était ça qu’il recherchait ! Après ils sont repartis mais j’avais quand même eu peur ! »

 

Les bals clandestins

 

« On y allait souvent. On se le disait les uns les autres. Il y avait le bal en face à l’ancien hôtel de Lallée. Un soir, on nous dit il y a les allemands. On s’est caché dans la luzerne, on arrivait de Sr Firmin. On est resté là un bon moment car quelqu’un nous disait que les allemands obligeaient les musiciens à continuer de jouer pour qu’on arrive et qu’on nous ramasse… Et puis non, c’était une fausse alerte ! »

 

La Libération

 

« Je me souviens qu’on a dansé toute la nuit sur la place et on a surement bu un coup aussi ! On était allé sonner les cloches, j’en avais même déchiré mon chemisier.
Ça a duré au moins deux jours, on allait manger chez les uns et chez les autres, c’est de la folie ! »

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