Rose Pisapia

1932

de Poligny

Propos recueillis par Cathy BOYER JOLIE et Marie-Ange FERRERO CESMAT

Retranscription faite par Marie-Anne ALLEMAND

« J’avais 8 ans à la guerre 39/45. J’habitais à Poligny avec mes parents, mes deux sœurs et mon frère, là où je suis actuellement.

 

La résistance

 

Je n’ai pas connu de résistants mais on en a entendu parler. L’abbé POUTRAIN qui a été déporté ou fusillé, je crois.

 

Le quotidien

 

En tant qu’enfant, j’avais toujours peur que mon père soit déporté. Je me rappelle qu’on l’avait mis pour garder les usines électriques dans le Valgaudemar, que ce soit l’usine de Saint Maurice ou celle sur la Roche. Il est resté quelques temps, il ne fallait pas qu’il rentre à la maison, il surveillait les centrales électriques

 

L’occupant

 

On tremblait ! Les parents avaient peurs de nous laisser et également de l’invasion des allemands. Quand ils sont arrivés à Poligny, mes parents ont pris peur. Ils ont attelés le cheval à la charrette et ont cherchés un coin dans la forêt. C’était très imprudent. On est revenu le lendemain ou le surlendemain. Il y avait eu une rafle dans le village. Monsieur ALBERT s’était caché dans le four et quand il a vu les allemands, il s’est sauvé. Ils lui ont tiré dessus et ne l’ont pas atteint. Ils l’ont récupéré et l’on déporté.

 

La nourriture

 

Les privations, on ne peut pas dire que l’on était concerné. Mais il fallait laisser des victuailles pour les allemands. C’est eux qui nous prenaient la volaille, les œufs, et si n avait du beurre, ils nous prenaient tout ! Mais bon il y avait des choses que l’on cachait.

 

Le combat de Laye

 

Au combat de Laye, il y avait eu des dénonciations. Les maquisards étaient cachés et quelqu’un les a dénoncés. Les allemands sont venus des surprendre. Ils en ont jetés dans le Drac et tués. Le combat de Laye a été terrible, ça a été tragique : des vengeances, des dénonciations, ce sont des choses que l’on m’a raconté !

 

La libération

 

Je me rappelle très bien. Un jour la derrière, c’était une vieille maison avec un grand terrain. C’était ouvert. Je me rappelle avoir vu des camions américains.
Nous, on était toutes contente, on était gamine, on allait les retrouver, ils nous donnaient de bonbons, des chocolats, des biscuits. On montait dans le camion, on leur donnait la bise et ils nous donnaient des bonbons. Je ne me rappelle pas comment ils sont arrivés.
Après la libération, il y avait des drapeaux de partout, il y avait des chants, ils y avaient des bals !

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