Jean-Paul Reynier

1930

de Pont du Fossé

Propos recueillis par Géraldine Diss

« J’ai toujours vécu à Pont du Fossé. En 1944, j’avais 14 ans. »

La résistance dans le Champsaur

 

« A cet époque, j’allais à l’école à Grenoble donc je n’étais là que pendant les vacances !
Mon père était maire, il avait des contacts avec des résistants qui venaient le voir à la maison pour récupérer des tickets de ravitaillements. Le lieutenant VERBORG, l’adjoint du colonel DAVIRON était un parent, je me souviens de les avoir vus à la maison. Mon père avait une traction, alors quand il avait une mission lointaine, il venait souvent chercher la voiture. »

Chez les résistants, il y avait plusieurs groupes qui n’étaient pas de la même obédience :

  • il y avait les deux groupes des restes de l’armée de l’armistice qui était aux Tourongs et dirigé par le commandant VOLLAIRE que j’ai bien connu et un à Méollion. Il fonctionnait comme l’armée avec la préparation, les armes. C’était des officiers qui sortaient de St Cyr.

  • Il y avait deux autres groupes de Jeunesse et Montagnes. C’était plutôt de l’armée de l’air. Il y avait un groupe à Ancelle et puis aux Tourrengs à côté d’Orcières. Honoré BONNET (connu par la suite comme responsable du ski français) faisait partie du groupe d’Ancelle.

  • Il y avait aussi le groupe de Pierre POUTRAIN qui avait aussi une formation militaire mais déjà moins poussé. C’était le groupe des Garnauds, Le Veyret.

  • Après il y avait, ce qu’on appelle les réfractaires au STO (Service de Travail Obligatoire). C’est-à-dire des gens qui travaillaient dans la journée ici pour aider leur famille et qui le soir allaient coucher à la montagne (au Palastre, à Costebelle, aux Combos…). Des personnes qui avaient fait les chantiers de jeunesse. »

« J’habitais juste à côté de la gendarmerie. Il y avait parfois des prisonniers. Nous, gamins on allait les voir ! C’était des gens qui étaient soupçonnés de collaboration.»

« Pour le combat de Laye, on a été touché car on connaissait bien Henri PARMENTIER, qui s’est fait tuer ce jour-là. Il devait se marier avec Mimi BERNARD qui habitait le village. »
Il faut dire que tous les alsaciens-lorrains qui étaient chez le père POUTRAIN, on les connaissait bien. On jouait ensemble au foot. Ils travaillaient à l’édification du lycée. Certains sont revenus souvent par la suite, d’autres sont restés.
L’abbé POUTRAIN, je le connaissais bien, c’est lui qui me faisait le catéchisme. Il m’a suivi toute ma vie. Chaque fois qu’il y avait une manifestation, il invitait toujours les alsaciens.

 

Le car Grenoble – Gap

 

« En juin 1944, on est revenu de Grenoble rapidement car ça pétait de partout. On a eu d’ailleurs des problèmes pour revenir. On était monté dans le car Grenoble-Gap où il y avait des places réservées pour les allemands. Le car se rend à la poste allemande, les allemands nous ont fait sortir du car et on s’est retrouvé tout seul dans Grenoble, des gamins de 13/14 ans. Finalement, c’est les sœurs PARA qui nous avaient récupérés avec d’autres jeunes de St Bonnet. On a dormi à l’hôtel et elles nous ont ramenés le lendemain. »

 

La libération

 

« Quelques jours après la libération de Gap, mon père nous a descendus à Gap avec mon frère pour aller voir les américains. On a pris avec nous quelques jeunes du pays. On a passé l’après-midi à regarder les tanks, manger des chewing-gums. »

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