François Lauzier

de St-Michel-De-Chaillol

Né en 1900  et décédé le 18 août 1944 à Quartz (nom de couverture du camp de Melk, situé au bord du Danube à une centaine de Kilomètres de Mauthausen).

Raconté par sa fille Bernadette Albert

On était sept enfants âgés de 9 ans à 3 mois dans le ventre de ma mère.
Dans la nuit du 12 au 13 novembre 1943, il y avait une centaine d’allemands qui tiraient des coups de fusils.
Mon père s’est levé ouvrir la porte, il était pieds nus, ils lui disaient : « Vous cachez quelqu’un ? »
Comme il niait, ils ont enlevé mon père. Ça a été très rapide, il est parti pieds nus, on ne l’a pas vu partir ! Les enfants nous voulions ouvrir les volets mais mon grand-père  nous l’a interdit. On ne l’a plus jamais revu !
Moi j’avais 6 ans et j’avais une crainte que mon père ne me reconnaisse pas à son retour.

Ils ont été conduit avec l’abbé Louis Poutrain d’abord à Gap puis à Marseille.
A Marseille il y a eu des connaissances de connaissances qui lui ont apporté de la nourriture et qui sont intervenus pour essayer de le faire libérer mais ils n’ont rien pu faire.
Puis à Compiègne et au courant du mois d’avril 1943. Ils ont été séparé et mon père a été conduit  en Autriche au camp de Mauthausen.
Nous n’avons appris son décès qu’en 1945, mais il était décédé le 18 août 1944. Il a donc passé moins d’un an dans le camp. S’il ne devait pas survivre, c’était peut-être mieux ainsi de partir rapidement.
La question qu’on se pose encore aujourd’hui, « qu’est-ce qu’on lui a reproché ? » « Quel est le motif de son arrestation ? » «A-t-il hébergé des alsaciens ? »

Je me souviens qu’il y avait une personne l’aidait au travail de la ferme mais ne logeait pas dans la ferme mais dans une maison plus éloigné dans le village qui nous appartenait. Il cherchait surement cette personne. »

Cette histoire nous a surement rendu plus fort (nous étions 6 filles et un garçon) mais nous a aussi beaucoup marqué.

La famille Lauzier quelques années après la disparition de François Lauzier.

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