Angel Amar

1921

de Saint-Laurent-du-Cros

Étiez-vous à St Laurent du Cros pendant la guerre ?

            Non, j’ai quitté St Laurent pour venir me réfugier à Champoléon en 1943/1944, sauf pendant l’hiver où j’étais un peu partout car il fallait se cacher. Étant donné que j’étais réfractaire au STO (service du travail obligatoire), je me cachais dans tout le Champsaur.

Étiez-vous dans un maquis de Champoléon ?

Non, nous donnions des coups de main, on se déplaçait dans les environs de Gap en reconnaissance. Nous partions la nuit, en 1944, on faisait des entraînements de tirs qui se passaient au Beaumes et au Tourrond. On canardait là-bas…Oh lalalala !!!!

Tout ça était-ce après la Rafle de novembre 1943 ?

Oui, les Allemands ne venaient plus ici depuis le 12/13 novembre 1943. Les deux maquis du Tourrond et de Meoullion se sont divisés l’hiver étant là. Vous savez dans la montagne c’était invivable avec la neige, toute le monde était plus ou moins  partit. Le lieutenant Radius est même allé en Bretagne, le lieutenant Coursel est allé dans les environs de Gap, le lieutenant Vollaire aussi. Enfin tout le monde se dispersait parce que c’était invivable dans les montagnes, dans la neige. Vous savez car nous avions eu l’exemple du plateau d’Aiglière en H.Savoie, ils ont voulu tenir pendant l’hiver, ils se sont fait massacrer. Les communications, les ravitaillements, tout était repérable. En ce temps hivernal il fallait « s’étouffer ».

Qu’était-ce les Trentaines ?

C’était des sédentaires dans les villages, les membres de ces trentaines travaillaient normalement. Ils se réunissaient de temps en temps. Le dimanche ils venaient aux séances de tir à Champoléon, ils allaient dans la Rouanne à Ancelle, ils assistaient aux manœuvres, ils faisaient des tirs. etc,etc…

De temps en temps, même la semaine ils nous donnaient des coups de mains. C’était dans l’hiver 43, c’était clandestin mais enfin ils travaillaient comme des fourmis, ils étaient logés et ils pouvaient manger.

 

Aviez-vous eu des faux papiers ?

Oui, par la préfecture de Gap, il y avait la mairie de Champoléon, l’Abbé Robin le curé des Borels et la secrétaire de mairie en même temps. Il y avait une antenne à la préfecture mais…le préfet le premier était consentent, il était au courant. A ce moment là je n’était pas soumis au STO, je m’appelais Louis Roche, d’ailleurs ici on m’appeler «  Louis ».

 Parlez-moi un peu s’il vous plaît des chantiers de jeunesse? Était-ce l’armée française ?

            Ce n’était pas l’armée. Les jeunes étaient conviés à plusieurs travaux. Ça se passait bien loin des villes dans les montagnes, dans les endroits assez reculés. Ils coupaient du bois et fabriquaient du charbon de bois, enfin diverses travaux. La vie était très stricte et aussi au point de vue du ravitaillement c’était rude.

Non, non ils faisaient 8 mois de travaux.  Par contre il y avait 100000 hommes dans l’armée française, là où j’ai été. On prenait un engagement de 3 ans et résiliable au bout d’un an. Là on était armée, sommairement mais enfin on l’était !!!

J’ai dû faire une formation militaire dont on s’en servirait plus tard. Je pensais à l’avenir.

Alors qui était dans ces chantiers de jeunesse ?

C’était pour occuper les jeunes pour qu’ils aient une discipline gouvernée par Vichy. Dans les cadres il y en avait pas mal qui étaient pétainiste. Remarquez dans l’armée d’armistice aussi, il y en avait des officiers pétainistes !!!

 Parlez-nous des parachutages d’armes ?

 Il y en a eu un au fond de la Rouanne en juin 1944 et beaucoup dans la région de Chorges, Veynes, Serre à Saleon.

Il y en a eu quatre et un en gare de Veynes. Parce qu’ils se sont trompés, vous savez avec les trains qui manœuvrés, ils ont vu les avions, des coups de feu en pleine gare au milieu des Allemands. Il y en a eu un dans le Dévoluy et un à St Julien en Bauchêne.

Comment ces armes ont-elles étaient redistribuées ?

Quelquefois la distribution n’a pas était très juste, elle était  commandée par des officiers. Mais du côté de Veynes, c’était bien organisés. Pour la bataille de Montclus (avec un petit rire), qu’est-ce qu’ils ont dégusté les Allemands !!!

Pouvez-vous nous parler des femmes pendant la guerre ?

Les femmes ont été précieuses, d’abord elles ont du flair. L’histoire « d’Andrée Lève », de Pont du Fossé. Madame BERNARD Reymonde qui tenait l’auberge des Borels, elle savait tout.

Il y a une douzaine d’année cette dame était une véritable encyclopédie de la résistance, évoquant avec moi les  larmes aux yeux tous ce qui c’était passé et concluait son récit ainsi « Champoléon » était une capitale et maintenant plus personne n’en parle, « l’oubli second l’un seul des morts », dix-cite Victor Hugo.

Pour terminer je voudrais remercier toute la population de Champoléon pour son aide efficace, son mutisme parfait qui nous a était si précieux, sa complicité et son patriotisme.

            J’ai souvent pensé qu’il aurait fallu ériger une petite stèle  au Borels en son honneur et en l’honneur de tous les morts de son maquis, qui ont combattus pour que vive la France.

            Mais après la guerre les officiers cachés de l’armée ont été dispersés à droite et à gauche, les contacts on cessés. De ce fait Champoléon est devenu un simple petit bled de montagne.

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