Andrée Michel

1927

de Marseille

Propos recueillis par Cathy BOYER JOLIE

Texte retranscrit par Emilie CATIER FAURE

« En 1940, j’habitais à Marseille, j’avais 13 ans. »

Les Résistants

« J’ai connu des Résistants qui sont parti dans les STO. J’ai connu des Résistants dans le Lot. D’autres qui se camouflait pour ne pas partir avec les STO. Il y en avait un qui se cachait tous les jours chez ma sœur pour ne pas partir ! »

Les Bombardements

« De 40 à 44, c’était une drôle de période, très dur. J’ai assisté à ce bombardement du 27 mai. Je travaillais à la recette municipale de Marseille. Quand il y avait des alertes on devait descendre dans les caves. Ce jour-là une bombe est tombée à 150-200m de chez nous et j’ai vu rentré, dans le soupirail, les pavés qui étaient poussé par le souffle de la bombe. On a rien eu… et quand on est sorti ce n’était pas beau à voir. Dès qu’il y avait l’alerte tous ceux du scoutisme étaient embrigadés dans les équipes de secours. On se rendait à un endroit pour porter secours… à notre niveau. »

Les moments des restrictions

« Depuis 1928 je viens dans le Champsaur. Mon papa avez été gazé pendant la guerre de 14. Et ça lui avait laissé une tuberculose, qu’il a soignée.  Nous on a du attraper, ce qu’on appelle maintenant la primo infection, et c’est comme ça qu’on est arrivé à St-Bonnet. On louait toutes les années pour que les 3 filles avec maman on soit à l’air pendant l’été. Pendant la guerre on venait aussi  à St-Bonnet. A Marseille on avait beaucoup de restrictions, à St-Bonnet on avait beaucoup de laitage, les fromages de Brutinel, de la viande. Ici à St-Bonnet on ne se rendait pas compte de la guerre, on a eu beaucoup d’amitié. Une année à Marseille on s’est vu apporté un paquet énorme avec des victuailles, des pommes de terre. C’était la bouchère qui savait qu’on avait rien. »

La Libération

« Le jour de la libération, j’étais à la Ste-Baume avec les guides. On a entendu et vu toute la nuit que ça s’illuminait sur Marseille et on nous a dit : « ils ont débarqué à St-Tropez. » On a vu Marseille s’illuminé comme un feu d’artifice, c’était magnifique ! Le lendemain on a reçu les goumiers(?). On les a reçus pour leur faire à manger. C’est eux qui libéraient ! Après ils sont passés par la colline pour aller sur Garlaban et sur Marseille. Quand nous sommes arrivés sur la route il y avait les américains qui étaient en jeep. Ils nous ont offerts des cigarettes en chocolat. Après il y a une jeep qui nous a pris et qui nous a reconduit chez nous. C’est la première fois qu’on voyait des américains. »

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