André Fénolan dit Dédé

1922 – 2016

de Saint-Firmin

Propos recueillis par Paul Motte

M. Fénolan a été victime de la rafle organisée par l’espion GRASSET à St Firmin le soir de Noël. Ce triste individu avait su gagner la confiance de la population et avait organisé un réveillon de Noël au lieu-dit : la Grangeasse à St Firmin.

Un noyau important de résistants des Préaux devait rejoindre le groupe et s’est heureusement désisté au dernier moment. Bien leur en a pris. Ils ont échappé à l’enlèvement.
Au cours de la soirée Grasset a disparu.

Un observateur basé au château des Herbeys avait averti que des camions allemands se dirigeaient vers Grenoble et approchaient du pont des Richards où ils ont laissé les camions et se sont dirigé à pied vers le village apparemment guidés par un habitant de St Firmin qui n’a jamais été identifié. N’ayant pas eu d’autre signal alarmant, les jeunes sont restés dans la salle et se sont trouvés cernés.

Liste des jeunes arrêtés :  

 

  • Paul et Roger Durand.(2 frères )

  • Armand Faure

  • Paul et Pierre Benevent (cousins)

  • André Tiron

  • Jean Pelissier

  • Jean Bernard

  • Gaston Perrier (facteur)

  • Roger Gueydan

  • Elie Mourenas (dont le frère a été fusillé sur les bords de la Luye).

  • Roger Chaix du Villard de St Firmin .

  • Louis Estachy

  • Louis Freynet

  • Fernand Bernard

  • Aimé Baup

  • Albert Gueydan

  • Elie Blache

  • A Pachouka (un marseillais venu se réfugier à St Firmin.

  • Joseph Fenolan  seul membre de l’armée secrète.

Il y avait parmi eux des réfractaires au STO :

  • Roger Durand

  • Armand Faure

  • Paul Benevent

  • André Tiron

  • Jean Bernard

Périple de ces jeunes :
 Ils ont passé le reste de la nuit dans une cave de l’Hôtel Lombard à Gap. Ils ont été dirigés le lendemain sur Marseille et emprisonnés à la prison St Pierre où ils ont vu arriver un soir toute la brigade de Gendarmerie de St Firmin accusée de complicité. Transférés aux Beaumettes, ils y sont restés jusqu’en avril et sont partis pour l’Allemagne après un tri effectué par leurs geôliers. Les personnes de santé déficientes ont été libérées.

Le transfert  s’est fait par train mais peu surveillé.

1er Évadé : Bernard Jean a sauté du train en marche.
2eme les deux frères Durand à Châlons /Marne à l’arrêt du train.
3 ème : Fénolan  a couru en ville et s’est fait reprendre dans un galetas

A Paris, plusieurs encore  se sont évadés.

Gaston Périer, Bénévent Pierre et Fénolan furent affectés à un camp de travail à Francfort/le Man. Ils étaient occupés à différentes tâches d’entretien et en particulier à évacuer les blessés et les morts après les bombardements fréquents dans cette ville. Fénolan apprit de trois prisonniers Italiens le maniement du chalumeau qui servait entre autres à découper les rails de chemins de fer. Un éclat lui provoqua un énorme abcès sur un œil. Il crut perdre la vue mais il n’en fut rien.

  Tiron, Pélissier et Gueydan Roger furent acheminé vers Francfort / Oder pour y travailler.

A l’arrivée des Américains qui occupaient cette région les allemands emmenèrent leurs prisonniers près d’une montagne et les abandonnèrent. Les Américains les ont récupérés et conduits dans une grande maison réquisitionnée et convertie en centre d’accueil pour les prisonniers. Il y avait parmi le personnel un Alsacien, nommé Schreiber, qui fut dentiste à St Bonnet et ensuite à Gap.  Schreiber averti Fénolan qu’il ferait parti du premier convoi de rapatriement. Le lendemain, il prenait le train pour Gap où le nouveau préfet Pascal averti depuis Francfort par Schreiber l’attendait à la Gare.

Mr Fénolan dit avoir surtout souffert de la faim. Un silo de betteraves découvert lors de leur abandon en pleine nature lui permit ainsi que ses camarades de survivre. Arrêté  à la Noël 44 il retrouva sa famille en Avril 45. Il avait perdu toutes ses dents et était resté un an en Allemagne alors qu’il avait refusé d’y aller avec le STO. Il était commissaire au contrôle économique et cette fonction devait l’exonérer de ce départ forcé mais pour les jeunes nés en 1922 la mesure n’était pas applicable. Le supérieur de Fénolan lui dit : « tu brises ta carrière en refusant de partir. » « Peu importe a-t-il répondu, je ne veux pas aller en Allemagne. » Le sort en a décidé autrement.
André Fénolan est allé trouver Richard Duchamblo et lui a demandé s’il savait ce que Grasset était devenu. Le prêtre lui a répondu qu’il savait mais était tenu par le secret de la confession.

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