Pierre Roux

1925

de Gap

Propos recueillis par Paul Motte

Paul HERAUD


Un grand homme et un chef incomparable. Il est tombé sous les balles allemandes
Paul  Héraud alias commandant DUMONT était  chef départemental, Il avait  quelques jours avant la libération de Gap dans un bois lors d’une réunion clandestine, présenté au délégué américain son plan d’investissement de la ville de Gap. Stupéfait ce gradé déclara : Ne cherchez pas un autre chef ni un autre plan. Cet homme est un véritable chef militaire. Malheureusement une patrouille allemande trouva sur son chemin alors qu’il rentrait sur le tansad d’une moto dans le secteur de Tallard .Le pilote fut tué sur le coup et Paul Héraud poursuivi tomba peu après. C’était le 9 Août 1944. Les maquis se trouvaient désorganisés. Dans les jours suivant eurent lieu plusieurs réunions pour désigner un successeur.
Les jeunes du Lycée Paul Héraud ont nettoyé et remis en valeur la stèle érigée sur les lieux de l’exécution. Cette initiative due à un professeur est louable et les élèves ont pris cette tâche à cœur.

 

Le préfet des Hautes Alpes désigné par Vichy


Il faisait son boulot commandé par le pouvoir du moment mais nous ignorions qu’il était favorable à la résistance. On a compris  quand DE GAULLE l’a nommé patron des résistants. Personne ne la savait à part DE GAULLE. Nous avions bien un petit doute car sa femme était venue trouver ma mère et lui avait demandé de cacher des bijoux hérités de leur famille. Ma mère étonnée lui demanda pourquoi leur famille avait été choisie. Parce que vous faites partie de la résistance et nos bijoux seront plus en sécurité chez vous.   Etonnement de ma mère qui décousu la garniture d’un fauteuil et fit ce qui lui était demandé et les bijoux pas plus que les personnages ne furent inquiétés.
Maitre Fabre alors maire de gap sous l’occupation nous était discrètement favorable et épaulait le préfet dans les situations délicates comme les obsèques des fusillés de la Luye.

 

A Saint Léger


C’était le centre intellectuel où la résistance fut conçue avec l’équipe M. Arnaud, Le même centre fut créé à Monmaur où Rosanvallon qui fréquentait St Léger fut un pilier de l’antenne. On y rencontrait  Yvon  Truc et Rosanvallon ; Ce dernier pensait  et Truc agissait. Il a été le fer de lance des actions, du maquis de l’Epine.

 

La libération de Gap


 C’est simple, les Américains sont arrivés par la route de Veyne et les allemands se sont rendus. Une bonne partie était des polonais qui le faisaient volontiers. Mais je veux vous parler d’un fait que personne ne mentionne : Notre formation était à Romette en attente de Mongols qui devaient venir depuis Bayard. Nous entendions des tirs dans la ville. C’était des personnes qu’on fusillait dans l’enceinte de la caserne Desmichels. Avec mon frère nous sommes allés voir. C’était une horreur, des femmes crachaient sur les cadavres.

 

Histoire du pont de l’archidiacre


Que les victimes étaient pour une part des collaborateurs mais certains n’avaient pas intérêt à ce qu’un procès les juge. On aurait appris des vérités dérangeantes. Comment par exemple des hommes s’étaient placés eux même des  galons de capitaine sur les épaules et ont peut-être participé à l’exécution. La  femme d’un de ces personnages  décédé vint un jour trouver Mr B Givaudan maire de gap en lui demandant de donner à une rue gapençaise le nom de son défunt époux. Givaudan connaissait l’histoire et refusa net. Je veux aussi vous dire que Maitre Merle Avocat et personnage estimé de la population devait être nommé préfet mais fut évincé au profit d’un inspecteur d’académie qu’on disait chef des Franc- maçons. Il y a eu tout de suite bataille entre toutes les tendances. Exemple : On trouvait Jullian, communiste et les Roux dans la même maison et aux mêmes responsabilités.

 

Mes actions de résistants


Tiens, par exemple on transportait les armes dans notre pantalon Golf. A l’âge qu’on avait ça passait. On n’avait pas peur du danger. Nous étions trois frères  dans la résistance mais notre mère est morte à 53 ans. Elle avait trop supporté.

 

Les parachutages


Nous allions à St Genis attendre en faisant des  feux pour guider l’avion. Mais on ne savait jamais à l’avance où et quand cela aurait lieu. C’était Ribaud qui nous avertissait. Puis ça tombait du ciel. On devait très vite plier les toiles de parachutes et les cacher puis répartir et cacher les armes atterries  par containeurs.
Nous restions sur place pour surveiller jusqu’à ce que tout soit parti dans différentes directions. Une fois on a reçu un bazooka. La notice était en anglais. Nous avons rassemblé nos maigres connaissances et essayé l’arme. Mais la flamme dégagée mit le feu à la forêt.
Un prêtre, l’abbé Perail est venu nous voir dans notre maquis. On a fabriqué un petit autel et il nous a dit la  messe. Au début nous n’étions pas nombreux mais l’assistance augmenta au fil du temps et de l’anxiété.

 

Grasset


Grasset, on voulait le tuer. On lui avait tendu un piège au local des scouts. Il s’est méfié et c’est mieux car tuer un homme dans notre local nous aurait moralement gênés, mais d’un côté on le regrette car il a fait énormément de mal.

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